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Principauté de Transylvanie
Remerciements spéciaux à Cristiano Vernole.
Origines des armesArmes des SouverainsSouverainsAtlas historique



Origine des armes de la Principauté

En 1438, par l'Unio Triorum Nationum, la Transylvanie ("Erdély" en hongrois, "Siebenburgen" en allemmand ou "Adreal" en roumain) acquiert définitivement son identité spécifique, en ce qu'elle est consacrée comme le territoire aux trois nations nobles :
- les Sicules ou Szeklers : leur origine est soumise à discussion, ceci d'autant plus que selon l'option choisie cela leur donne ou non l'antériorité d'installation sur les Hongrois. Ainsi, certains les considérent comme venus avec les Avares, d'autres comme étant des Khazars magyarisés. Installés sur les contreforts des Carpates, ils acquierent leurs privilèges auprès des Rois de Hongrie, en contrepartie de la protection des frontières qui leur est dévolue.
- les Hongrois : arrivés dans le courant du Xème siècle à l'occasion des mouvements de populations générés par la chute des Avares. Ils assurent leur hégémonie sur le territoire, notamment par une politique active de colonisation.
- les Saxons : En effet, dans le courant du XIIème siècle, les Rois de Hongrie établissent en Transylvanie de nombreux colons saxons (pour l'essentiel dans 7 villes majeures, d'où le nom germanique de ce territoire), venus essentiellement de Rhénanie. En 1211, les chevaliers teutoniques sont à leur tour appelés, renforçant davantage encore les implantations germaniques dans cette partie du Royaume de Hongrie. En conséquence de cette situation, en 1224 par le Privilegium Andreanum, les Saxons de Transylvanie reçoivent du Roi André II de Hongrie l'autonomie territoriale, politique et religieuse.
- On notera par ailleurs que les Roumains, dont la présence sur le territoire est avérée depuis le XIIème siècle, mais est peut-être antérieure (c'est un sujet de polémique historique entre Hongrois et Roumains, qu'il n'est pas ici le lieu de trancher) ne sont donc pas reconnus dans cette "Union des Trois Nations", comme nation privilégiée.


Sicules (Szeklers) de Transylvanie
D'azur, à un soleil d'or et un croissant de lune d'argent.


Saxons de Transylvanie
D'or, à sept tours de gueules.


Hongrois de Transylvanie
D'azur, à l'aigle de sable (becquée et languée de gueules), issante d'une plaine de sinople (alias d'argent).


Transylvanie (aux XVIème et XVIIème siècles)
Parti : 1, des Hongrois de Transylvanie, surmonté du soleil des Sicules de Transylvanie; 2, des Saxons de Transylvanie, surmonté de la lune des Sicules de Transylvanie.


Transylvanie (aux XVIIème et XVIIIème siècle)
Coupé : 1, des Hongrois de Transylvanie, surmonté du soleil et de la lune des Sicules de Transylvanie; 2, des Saxons de Transylvanie.


Transylvanie (depuis le XVIIIème siècle)
Idem supra, le coupé marqué par une divise de gueules.

Armes des Souverains

Depuis son rattachement à la Hongrie, celle-ci est administrée par des Voïvodes au nom du Roi de Hongrie. Les armes des Souverains sont donc celles des Rois de Hongrie.
En 1526, la bataille de Mohacs qui voit l'anéantissement de l'armée hongroise par l'armée turque et la mort du Roi de Hongrie Louis II Jagellon, marque un tournant crucial dans l'histoire de la Transylvanie.
En effet, le décès sans héritier direct du Roi, cumulé à la défaite écrasante, provoque une crise politique et de succession majeure. Une grande partie de la noblesse hongroise et notamment l'essentiel de celle installée en Transylvanie, choisit, notamment sous la pression turque comme nouveau Roi, Jean Zapolya, jusqu'alors Voïvode de Transylvanie, tandis qu'une minorité de cette même noblesse hongroise, principalement celle installée dans la partie occidentale du Royaume, choisit comme nouveau Roi, le beau-frère de Louis II Jagellon, l'Archiduc d'Autriche, Ferdinand de Habsbourg (futur Empereur Ferdinand Ier), qui par ailleurs héritait du Royaume de Bohême (appartenant lui aussi à Louis II). Dans le cadre des négociations entre Ferdinand de Habsbourg et Jean Zapolya (et donc avec le Sultan), Jean Zapolya conserve le territoire de la Transylvanie et le titre de Roi de Hongrie (ce dernier devant revenir à sa mort à Ferdinand), tandis que Ferdinand recevait les territoires occidentaux du Royaume de Hongrie (Croatie, Slavonie, Hongrie occidentale).
A compter donc de cette date de 1526, et pratiquement jusqu'au début du XVIIIème siècle, la Transylvanie va donc avoir ses propres Souverains (titrés Roi de Hongrie jusqu'en 1540, puis Prince de Transylvanie), sous la suzeraineté ottomane.


Jean Ier Zapolya (1487-1540)
Voïvode de Transylvanie, Roi de Hongrie
Ecartelé de Hongrie ancien et de Hongrie moderne; sur-le-tout de Zapolya.


Jean II Sigismond Zapolya (1540-1571)
Prince de Transylvanie, Duc d'Opole et de Ratibor
Ecartelé : 1, contre-écartelé : a, de Zapolya; b, de Hongrie moderne; c, de Hongrie ancien; d, de ?; 2, de Pologne; 3, de Milan; 4, de Dalmatie.


Etienne Bathory (1533-1586)
Prince de Transylvanie, Roi de Pologne et Grand-Duc de Lithuanie
Ecartelé : 1 et 4, de Pologne; 2 et 3, de Lithuanie; sur-le-tout de Bathory.


Sigismond Bathory (1572-1613)
Prince de Transylvanie, Prince de Moldavie, Prince de Valachie, Prince Bathory et du Saint-Empire
Tiercé en pal : 1, de Transylvanie; 2 de Moldavie, surmonté d'un écusson couronné de Bathory; 3, coupé de Valachie et de Petite Valachie.

La survenue de la Réforme vient ajouter un élément de complication supplémentaire dans l'histoire de la Transylvanie. En effet, combattue par les Habsbourg catholiques, celle-ci est utilisée par leurs opposants (avec le soutien intéressé des ottomans) comme un moyen d'émancipation des vélléités autrichienne sur la Transylvanie, qui depuis 1526 ne se sont jamais éteintes. Sigismond Bathory ayant souhaité introduire en Transylvanie la Contre-Réforme et se rapprocher de l'Autriche (il cède même ses droits sur la Transylvanie à l'Empereur en 1596) c'est-à-dire aussi se soustraire à l'emprise ottomane, provoque en 1599 l'invasion de la Principauté par son voisin, l'Hospodar de Valachie, Michel le Brave, vassal de la Turquie, qui en mal d'autonomie lui aussi, profite de la neutralité intéressé de celle-ci. Dans la foulée il envahit aussi la Moldavie, avec cette fois le but semi-avoué de jouer la bascule entre l'Autriche et la Porte. Il est cependant assassiné dès 1601, et Sigismond Bathory, avec cette fois l'appui de la Turquie est rétabli. De son côté, l'Empereur ne reconnait pas ce rétablissement et occupe à son tour la Transylvanie en 1604. Un soulèvement mené par Etienne Bocskay, avec le soutien ottoman chasse les Habsbourg de Transylvanie et apporte à son leader en 1606, par la Paix de Vienne, le titre de Prince de Transylvanie, de nouveau sous suzeraineté ottomane.


Sigismond Bathory (1572-1613)
Prince de Transylvanie (rétabli), Prince Bathory et du Saint-Empire
De Bathory.


Etienne Bocskay (1557-1606)
Prince de Transylvanie
Parti : 1, coupé de Hongrie moderne et de Hongrie ancien; 2, de Transylvanie;
sur-le-tout de Bocskay.


Sigismond Rakoczi (1544-1608)
Prince de Transylvanie
Combinaison Rackoczi (l'aigle à l'épée) et Transylvanie.


Gabriel Bathory (1589-1613)
Prince de Transylvanie (1608)
Combinaison avec enté en pointe de Transylvanie; sur-le-tout de Bathory.


Gabriel Bethlen (1580-1629)
Prince de Transylvanie (1613), Roi de Hongrie, puis Duc d'Opole et de Ratibor
Parti : 1, coupé de Hongrie moderne et de Hongrie ancien; 2, de Transylvanie;
sur-le-tout de Bethlen.


- le même -
Prince de Transylvanie, Duc d'Opole et de Ratibor

Parti : 1, coupé d'Opole et de Ratibor; 2, de Transylvanie;
sur-le-tout de Bethlen.


Georges Ier Rakoczi (1593-1648) puis Georges II Rakoczi (1621-1660)
Princes de Transylvanie
De Transylvanie; sur-le-tout de Rakoczi.


François Rhedey
Prince de Transylvanie (1657)
De Transylvanie; sur-le-tout de Rhedey.


Achatius Barcsai
Prince de Transylvanie (1658)
De Transylvanie; sur-le-tout de Barcsai.


Jean Kermeny
Prince de Transylvanie (1661)
De Transylvanie; sur-le-tout de Barcsai.


Michel Ier Apafi (1632-1690)
Prince de Transylvanie (1661)
De Transylvanie; sur-le-tout de Barcsai.

Bien qu'élu avec le soutien turc, contre Jean Kermeny, Michel Apafi doit tirer les conséquences de la victoire impériale suite à l'échec turc du siège de Vienne en 1683. Aussi, en 1688, il reconnait la suzeraineté autrichienne sur la Transylvanie, suivie en 1690, par l'occupation autrichienne de celle-ci. Puis, en 1697, son fils Michel II finit par laisser la pleine souveraineté à l'Empereur lui-même, au titre du Royaume de Hongrie.